Qu’est-ce que l’oreille absolue ? « C’est l’expression la plus étonnante des prouesses physiologiques dont l’oreille musicienne est capable » écrit Claude-Henri Chouard dans son livre, « L’oreille musicienne ».
Certaines personnes (1 sur 10 000) peuvent interpréter les notes de musique sans pour autant avoir étudié la partition.
Mais posséder l’oreille absolue n’est pas un préalable pour exceller en musique.
Alors, est-ce un don ?
Un musicien doté de l’oreille absolue (seulement 10 %), raisonne en note de musique.
Chaque son entendu est immédiatement traduit en note.
Par exemple, la sonnerie du téléphone correspond au Mi, le klaxon au Si bémol. Lors d’une dictée musicale, un musicien doté de l’oreille absolue n’a pas besoin qu’on lui rappelle le La de référence.
Des études montrent que 95 % des musiciens possédant ce don auraient appris la musique avant 7 ans, c’est-à-dire avant que le développement neuronal et cortical (l’aire corticale est la zone du cortex cérébral jouant un rôle spécifique dans la commande des mouvements, la perception sensitive consciente, et l’utilisation du langage) soit totalement terminé.
Les non-voyants ont plus de chance de posséder cette capacité, car leur ouïe est beaucoup plus fine que celle de la moyenne des gens. Un chercheur américain a affirmé en 1991 qu’il avait découvert des familles à oreille absolue.
Il semblerait que celle-ci se transmette comme un trait dominant de génération en génération. Le gène correspondant serait présent chez un individu sur 1 500, mais il ne se manifesterait que chez un petit nombre d’entre eux.
Est-ce un handicap ? Cette analyse des notes de musique ne nuit-elle pas en effet au plaisir musical ?
Il semble au contraire que ce don permette de profiter au maximum du plaisir musical. Cependant, il faut savoir que si un musicien à l’oreille absolue décide d’apprendre à jouer d’un instrument transpositeur (le plus souvent un instrument à vent construit de telle sorte que sa note fondamentale n’est pas en ut), il devra se préparer à souffrir. En effet, les notes qu’il entend ne correspondent pas à celles de la partition, une clarinette en Si bémol émet une note différente du Do écrit sur la portée).
Les oreilles absolues fanatiques des instruments d’époque seront, quant à elles, très troublées par les diapasons à 415 HZ : Les contemporains de Bach ayant l’oreille absolue devaient rester quelquefois perplexes car le diapason pouvait varier d’un ton, d’une région à l’autre.
De plus, l’oreille absolue n’a trouvé toute sa précision que dans la musique occidentale, c’est-à-dire dans notre solfège.
Les oreilles absolues célèbres : Nat King Cole, Phil Collins, le chef d’orchestre André Prévin, Mozart, etc.
*Source/lectures : L’oreille absolue, édts Pétrelle, de Jean-Christophe Dolle, L’oreille absolue – Mania, édts du Seuil, de Daniele Del Giudice, L’oreille musicienne, du professeur Claude-Henri Chouard, membre de l’Académie Nationale de Médecine.
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