Vient ensuite le Rohypnol. Utilisé pour traiter l’insomnie, il ne peut être délivré que sur ordonnance. Il crée un dangereux phénomène de dépendance. Un surdosage peut entraîner un sommeil profond, voire un coma (3).
Plus connu sous des noms tels que roofies, La Roche ou encore Rope, c’est un médicament aux effets sédatifs. Il appartient à cette famille médicamenteuse, dépresseurs du système nerveux, qui atténue l’angoisse, et entraîne un état de somnolence, un ralentissement du rythme cardiaque, de la respiration et de la réflexion.
Utilisé de façon criminelle, il est glissé dans une boisson.
Depuis 1997 cependant, la composition des comprimés a été modifiée. Ils se dissolvent plus lentement et font virer au bleu la couleur des boissons transparentes.
Rarement utilisé seul, il sert à accentuer l’effet d’autres drogues – marijuana, héroïne, de l’alcool, et d’atténuer les effets ultérieurs de drogues comme la cocaïne, l’ecstasy ou encore les amphétamines. Ses effets se font ressentir 30 mn après l’absorption et durent au maximum 2 h après. Un seul comprimé peut agir pendant 8 h.
Il peut donner une sensation de détente, de calme ou de somnolence, pouvant entraîner une perte de conscience.
Combiné à l’alcool, il peut entraîner des périodes de blanc de 8 à 24 h, au maximum 72 h.
Pour se prévenir d’une telle agression :
Ne jamais sortir ou rentrer seul(e) chez soi, se faire accompagner aux toilettes des bars ou des clubs par un(e) ami(e).
La meilleure des solutions pour éviter toute prise illicite de drogue est de ne jamais quitter son verre en soirée. Sous surveillance, personne ne pourra verser quelque chose dedans.
Les hommes aussi sont concernés. En Angleterre, 15 % des victimes sont des hommes (4).
A savoir :
L’AFSSAPS (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé) a mis en place depuis le 1er juillet 2003 un dispositif d’observation prospectif et permanent permettant de recenser tous les cas enregistrés de soumission chimique avec identification et dosage des substances en cause. Cette étude doit permettre d’identifier les substances impliquées, de mieux définir les contextes des agressions ainsi que le modus operandi des agresseurs et d’évaluer les conséquences cliniques de la prise du produit (5).
* Selon les résultats de l’étude 2005/2006 de l’AFSSAPS, 316 cas de soumissions chimiques avaient été enregistrés. Dans 94 des cas, la substance psychoactive a été identifée et la soumission chimique prouvée.
** La soumission chimique est l'administration à des fins criminelles ou délictuelles d'une substance psychoactive à l'insu de la victime.
D’autres drogues peuvent être utilisées à des fins criminelles, notamment
le Burundanga, originaire de Colombie.
Attention cependant aux messages internet qui circulent.
Les événements racontés font partie des légendes urbaines, mais cette drogue existe bel et bien.
Elle est issue de la plante Dantura, et contient de la scopolamine. Elle peut à partir d’une certaine dose faire perdre la volonté et oublier ce que l’on a subi quelques heures auparavant.
Elle s’inhale ou s’avale. Elle aurait été utilisée pendant la seconde guerre mondiale comme sérum de vérité.
Ses noms varient, le plus parlant étant sans doute Le souffle du Diable. Dans un article du journal anglais The Guardian (09/1999), des docteurs informent que le Burundanga est le parfait hypnotique chimique.
(1) Conseil de l’Europe, Guide Drogue et Alcool : violence et insécurité
(2) Danger santé.com
(3) Doctissimo
(4 Centre de toxicomanie et santé mentale
(5) AFSSAPS
Nancy BESSE