mais ENCORE


Incursion en territoire hondurien
16-3-2012

Lorsque l’on visite le Guatemala, on ne cesse de nous vanter les mérites du site archéologique de Copan, situé au Honduras… La tentation est forte d’y aller voir « de visu », en voisin.

Le Honduras couvre une superficie de 112 492 m2. Ce pays d’Amérique centrale a le même climat tropical chaud et humide que celui du Guatemala. Il est soumis aux cyclones et bouleversements de la nature, ce qui remet en cause son économie car c’est un pays pauvre, dont les principales ressources sont le café et la banane.

A présent, le régime politique s’est apaisé et le tourisme apporte quelques avantages à la population. Le pays est fier de sa devise « Libre. Souveraine. Indépendante ». Son drapeau, adopté depuis 1866, porte les couleurs bleue/blanche/bleue en bandes horizontales avec 5 étoiles bleues au centre représentant les provinces unies.

La capitale, Tegucigalpa, compte environ 1 200 000 d’habitants mais, en raison de la mobilité rurale, le chiffre n’est pas précis. La monnaie est le lempira, qui a une valeur double du quetzal, la monnaie guatémaltèque.

Le décor est planté, en route vers la frontière.

Les paysans se tiennent non loin, proposent des fruits et de l’artisanat aux couleurs criardes, les gamins lorgnent les « visiteurs », espérant des bonbons, des crayons, des cahiers, tout comme au Pérou.

Un attroupement se forme au poste douanier. Que se passe-t-il ? Tout simplement des « passeurs » échangent de l’argent local, le lempira, contre le quetzal, sous l’œil amusé des autorités. Tout ce trafic dans la bonne humeur, seuls les défenseurs du site ont l’air menaçant, mais il s’agit de sculptures d’animaux, et elles sont en pierre !

Le temps est couvert et humide, le drapeau pend tristement devant le local plutôt sommaire des gardes frontaliers.

Chemin faisant, nous arrivons à Copan but de notre escapade ; le temps de déposer nos bagages et l’on part pour la visite de la vieille ville coloniale qui ressemble à s’y méprendre à toutes celles que nous avons déjà rencontrées. Elle porte encore les traces du tremblement de terre subi des années auparavant.

Le culte est catholique comme dans l’ensemble des pays de l’Amérique du sud, latine et caraïbe, la population a calqué sa religion sur celle de ses colonisateurs, mais le vaudou est toujours présent.

Il est intéressant de faire connaissance avec les us et coutumes ancestraux car, peu à peu, la civilisation gomme la mémoire des faits, il ne reste que la tradition orale de loin la plus valable, même si l’imagination ajoute du piment à l’histoire, toute légende porte un support de vérité.


Enfin, nous voilà sur le site archéologique de Copan, le ciel est bas, ce qui va nuire à la qualité des photos. Par contre, la densité de l’air crée un climat surréaliste, on a l’impression d’être les découvreurs de planète chers aux auteurs de SF !
Des touches de couleur ça et là, de quoi s’agit-il ? Ce sont des aras qui se promènent en toute liberté, pas farouches du tout. Ce comité d’accueil est inattendu et fort sympathique.

On s’enfonce dans ces vestiges de la période classique (250/950). Le site a été classé au Patrimoine mondial en 1980 : l’ensemble est impressionnant, paisible, très étendu et chargé d’histoire.

Les Mayas arrivés en 500 avant JC avaient tout loisir de bâtir cette cité qui est demeurée en place défiant les siècles ; les angles se sont arrondis et les pierres ont pris une teinte grisâtre légèrement brunâtre pour mieux s’assoupir dans les souvenirs.

Une allée de stèles immenses, dont les sculptures représentent les rois de Copan, mène à la grande place, la stèle évoque l’arbre symbole de la puissance.

Le terrain de pelote est le plus grand d’Amérique centrale.

Un escalier de 63 marches couvert d’hieroglyphes retrace l’histoire de la maison royale. Nous resterons longtemps dans la contemplation de toutes ces constructions du passé, nous imprégnant de l’atmosphère du lieu magique. Il y a peu de visiteurs, les pierres n’attirent que les amateurs d’antiquités, non le tourisme de masse, ce qui préserve ce site. C’est une richesse pour ce pays qui a la chance également de posséder le Rio Platano, réserve de la biosphère classé au Patrimoine mondial depuis 1982.

Adieu Copan, et retour vers El Florido, avant de regagner le Guatemala profond où d’autres merveilles nous attendent.

A lire, à consulter : Copan, images Copan, www.ciudadesmayas.com, reserva de la biosfera de Rio Platano, www.wwwfca

Photo©Nancy Besse