Qui est le psychomotricien ?
Le psychomotricien est un professionnel paramédical, auxiliaire de médecine, titulaire d’un Diplôme d’Etat, délivré par le Ministère de la Santé. Il est donc soumis au secret professionnel et à la déontologie médicale. (Il est inscrit au livre IV du Code de la Santé)
Quelles spécificités ?
La psychomotricité se situe au carrefour des dimensions corporelles et psychologiques. Son intervention privilégie l’unité de la personne et diffère :
−>par rapport à celle de l’orthophoniste : le psychomotricien construit les pré-requis nécessaires à l’expression symbolique du langage (parole, dessin, écriture), mais sans corriger les troubles du langage (trouble articulatoire, orthographe...)
−>par rapport aux kinésithérapeutes : la prise en charge psychomotrice ne traite pas les troubles neuromusculaires ou osseux, mais travaille sur les troubles instrumentaux et les difficultés psychologiques qui en découlent.
−>Par rapport au psychologue : l’approche psychomotrice est centrée sur le corps et le vécu de la personne. La verbalisation et la compréhension des problèmes s’expriment aux cours des séances par cet intermédiaire.
La psychomotricité... Pour qui ?
Elle s’adresse aussi bien à des nourrissons, des enfants et des adolescents pour lesquels on s’inquiète du développement, des apprentissages ou du comportement, qu’à des adultes stressés, anxieux, qu’à des personnes âgées préoccupées par leur autonomie. _Ou tout simplement pour des personnes souhaitants découvrir et acquérir une meilleure connaissance de soi par le vécu corporel : une recherche de bien-être.
Comment ça marche ?... Bilan et axes thérapeutiques
Afin d’évaluer la pertinence d’une prise en charge, le psychomotricien a recours au Bilan Psychomoteur : C’est avant tout un temps de rencontre. L’objectif est de recueillir des éléments cliniques sur un plan moteur et psychologique pour en faire une synthèse "psycho-motrice", nous permettant de poser un diagnostic et de dégager une compréhension du trouble psychomoteur.
Troix principaux axes thérapeutiques sont envisageables :
➔ Stimulation psychomotrice : vise à soutenir et stimuler l’enfant dans son développement psychomoteur, à prévenir l’apparition ou la fixation de troubles, mais également à les dépister s’ils sont déjà là.
" Noémie est une petite fille âgée de 8 mois. Depuis quelques semaines ses parents observent des difficultés d’endormissement, des pleurs inexpliqués et un ralentissement dans son developpement..." Un suivi psychomoteur est proposé afin de l’aider à acquérir une maturation psychomotrice suffisante à chaque étape de son développement.
➔ Rééducation psychomotrice : propose une nouvelle éducation visant à la récupération ou l’amélioration de l’usage d’une fonction psychomotrice, qui était acquise et qui a été altérée (maladie, traumatisme crânien...) ou qui s’est mal intégrée au cours du développement (fonction instrumentale, troubles de l’écriture, capacité d’apprentissage...)
" Mathieu, 7ans, scolarisé en CE1, est un enfant présentant des troubles scolaires. L’institutrice le décrit comme étant "dans la lune",ayant du mal à se concentrer et s’organiser. A la maison, il se cogne ou tombe beaucoup, il a du mal à garder son équilibre et ses gestes sont imprécis. Il confond sa droite et sa gauche et a des problèmes pour se repérer dans le temps et l’espace : Mathieu se perd facilement, ne sait pas se repérer sur un calendrier....Les parents trouvent que c’est un enfant qui a du mal à grandir et qui aimerait d’un certain côté rester petit !"
➔ Thérapie psychomotrice : elle est particulièrement indiquée pour les cas dans lesquels la dimension affective ou relationnelle paraît dominante dans l’installation initiale du trouble psychomoteur et se manifeste comme symptôme corporel, instrumental ou comportemental (angoisse-anxiété, hypercativité, troubles de l’attention et de la concentration, agressivité-impulsivité...) .
" Julie consulte en psychomotricité pour des troubles du comportement (agressivité, provocation, refus...), des difficultés à gérer ses émotions, à se sentir bien dans sa peau. Elle est âgée de 13 ans et rentre dans l’adolescence. Elle se plaint d’être stressée, d’avoir du mal à se concentrer ou à rester calme. Elle a des problèmes de sommeil, est souvent triste, parle de sa timidité et de son manque de confiance en elle, qui l’empêche de se faire des amis. Julie n’accepte pas son corps, a l’impression que tout le monde la regarde et se moque d’elle..."
Les médiations thérapeutiques..
Le psychomotricien est formé à diverses approches, techniques et méthodes destinées à favoriser un travail corporel-psychomoteur et instaurer une relation thérapeutique avec le patient. Les jeux moteurs et symboliques, la relaxation (techniques de massage), l’expression graphique ou plastique, la graphomotricité, l’expression corporelle à travers la musique, le mouvement dansé...sont des médias qui permettent un engagement corporel et relationnel.
" Une première rencontre est fixée avec Béatrice afin d’échanger ensemble sur ses besoins, son souhait, mais également ses questions autour de sa symptomatologie : fatigue, irritabilité, sentiment d’être dépassée, anxiété ..." A travers diverses approches par le mouvement, le toucher thérapeutique, la relaxation, un accompagnement est proposé à Béatrice , afin de créer un espace et un temps de "soin".