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L’élégance du hérisson

« L’élégance du hérisson » Auteur : Muriel Barbery Genre : Roman Editeur : Gallimard

Date : Juin 2006

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-  l’histoire :
Renée, 54 ans, concierge dans un immeuble Bourgeois, est d’une intelligence rare, d’une érudition sans limite, avec une connaissance des arts à la fois profonde et éclectique, aussi à l’aise sur la phénoménologie Kantienne que sur le dernier Eminem.
Paloma, 12 ans, surdouée, se donne beaucoup de mal pour combler l’abysse qui la sépare des autres, et se comporter avec ses pairs et les adultes comme le ferait une enfant de son âge.

Paloma a décidé de se suicider le jour de sa treizième année, pour échapper au bocal.
« Parmi les personnes que ma famille fréquente, toutes ont suivi la même voie : Une jeunesse à essayer de rentabiliser son intelligence, à presser comme un citron le filon des études et à s’assurer une position d’élite et puis toute une vie à se demander avec ahurissement pourquoi de tels espoirs ont débouché sur une existence aussi vaine. Les gens croient poursuivre les étoiles et ils finissent comme des poissons rouges dans un bocal »

Les personnages secondaires sont aussi intéressants : L’auteur force le trait, ce qui rend cette communauté un tantinet caricaturale. L’auteur exploite ce filon et nous délecte de quelques scènes assez drôles.

-  Nous observons donc
Renée qui déploie une folle énergie à paraître ce qu’elle n’est pas, et à se fondre dans le personnage que les gens s’attendent à trouver dans une loge de concierge.
Pour le lecteur, elle développe en permanence des réflexions sur tous types de sujets, l’érudition et à chaque ligne...de quoi réveiller nos cerveaux embrumés.

Paloma est hallucinante. Elle nous livre ses « pensées profondes » et son « journal du monde » dans lequel elle expose son mal-être et ironise sur les événements de sa vie.
Son Regard sur son environnement familial et le monde des adultes en général, est féroce !
Ses jugements sont sans pitié. C’est souvent amusant. On sourit beaucoup, on rit parfois.
Dans la première partie du livre, on passe en alternance du récit des pérégrinations et pensées de Renée à celui de Paloma.
Au milieu du récit, un troisième personnage apparaît qui perce rapidement à jour les deux premiers.
Le livre prend alors un tour nouveau, et le récit s’emballe, pour notre plus grand plaisir.
L’écriture évolue en fonction du personnage : Assez légère et directe pour Paloma, des phrases plus longues et plus complexes pour Renée.

-  L’ensemble donne un ouvrage passionnant, qui aborde des sujets très variés : Littérature, l’intelligence, le langage, la philosophie, la peinture, la musique, ...
C’est par ailleurs une photo de notre époque , bâtie sur des oppositions : Opposition entre les habitants de l’immeuble et les gens plus modestes (concierges, femmes de ménage, SDF) qui apparaissent au fil du récit, opposition aussi, entre le monde rural et le monde citadin au travers des origines de Renée.
C’est enfin une réflexion globale sur nos à priori « On ne voit que ce que l’on s’attend à voir » et sur la capacité de chacun à se cacher derrière un masque.

-  Quelques pensées de Renée ou Paloma :

« .../... Chacun sait que l’insu en matière de concept est bien plus puissant que tous les desseins conscients. »

« A quoi sert l’intelligence si ce n’est à s’en servir ? »

« C’est peut être ça être vivant : Traquer des instants qui meurent. »

« Je coince un petit bout de chair blanc et gris entre mes baguettes malhabiles (du carrelet me précise obligeamment Kakuro) et, bien décidée à l’extase, je goûte. Qu’allons-nous chercher l’éternité dans l’éther d’essences invisibles ? Cette petite chose blanchâtre en est une miette bien tangible. »
A lire sans modération et sans feinte !

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