1- L’ADOLESCENCE VA-T-ELLE SI MAL ?
Tout ado traverse sa période de crise. Cependant, certains vont avoir une adolescence « bruyante » et d’autres vont passer plus inaperçues. C’est le cas de la majorité des ados :
1/3 des jeunes vit l’adolescence le mieux du monde
1/2 est casse-pied « juste ce qu’il faut »
1/3 pour qui c’est douloureux et compliqué.
Les études montrent qu’entre 80 et 90% des jeunes se portent plutôt bien (sans que d’ailleurs on définisse ce que l’on entend par « bien portant »). Ceux qui semblent aller moins bien dans ces études, sont aussi ceux qui bénéficient d’un moindre dialogue avec des adultes. En revanche, ceux qui traversent ce passage sans crise sont des ados qui investissent tout sur la musique, le sport, les études. Ils centrent ainsi leur intérêt, ce qui leur permet d’éviter la dispersion anxieuse.
2- CRISE FAMILIALE OU CRISE PARENTALE ?
La crise d’adolescence se transforme parfois en crise familiale, quand elle vient faire écho à d’autres difficultés. Car les parents traversent eux aussi, des épreuves avec plus ou moins de difficulté (la crise du milieu de vie, la crise de la quarantaine...). D’un autre côté, voir son enfant grandir réinterroge sur la place et l’identité de parent. Les parents tiennent à échapper au modèle de leurs parents. Ils veulent remplacer les contraintes qu’ils ont subies en tant qu’enfants en octroyant beaucoup plus de souplesse et de liberté. Ils doutent des repères qu’ils souhaitent donner à leurs enfants alors que la société offre des repères opposés... Il y a une idéalisation de la fonction parentale et la déception apparaît souvent en raison d’un manque de disponibilité, ce qui induit une culpabilisation.
En tant que parents on essaie de transmettre. On transmet des valeurs : l’égalité, la liberté, la fraternité...On transmet également nos doutes, nos peurs, la vie et la mort....
Les parents réagissent ainsi parce que les enfants sont rares donc précieux ! Tous les parents ont des compétences et il ne faut pas les amputer de leur pouvoir.
3- ÊTRE PARENTS D’ADO ?
Les parents sont là pour prendre des coups et d’un autre côté, pour protéger et contenir l’ado. Il faudra peu à peu se faire à l’idée qu’ils ne choisiront ni ce que leur ado va devenir, ni quelle sera sa personnalité.
Être un supporter de son ado au sens sportif du terme. (Marcel RUFIO -Pédopsychiatre - La maison de Solen -Hôpital Cochin)
Être supporter c’est pouvoir tenir un discours à son ado en inversant les mots : -« Nous n’avons plus confiance en toi » par -« Il faut que tu nous rendes la confiance que nous te donnons depuis toujours »
Le supporter a toujours confiance en son équipe. Cela ne l’empêche pas de constater que parfois, celle-ci joue mal ni de la siffler. L’important pour le supporter c’est que son équipe jour à fond le rôle de sa vie.
De son côté, le parent doit être confiant : « - Je suis avec toi, comme depuis toujours ».
4 - ÊTRE ADO ?
Un ado est un être humain, une personne avec tout ce que cela implique de carences et de faiblesses, mais aussi avec ses forces et son dynamisme, lesquels sont parfois sous-estimés.
Un ado est une personne bien portante, qui a beaucoup de soucis. Ses problèmes et ses difficultés sont moins d’ordres anatomique ou psychique, que d’ordres social, scolaire ou familial.
Notre société, par ses exigences, par ses pressions continues, pourrit la vie de l’ado. Et si beaucoup sont en mal-être, notre société pourrait y est pour une large part. Le suicide est très souvent lié à la pression scolaire, à la surpression familiale par rapport aux attentes scolaires, à un avenir difficile au niveau de l’insertion. De tout ceci les enfants s’inquiètent très tôt.
L’ado est une personne qui a d’extraordinaires capacités. On parle de la partie négative de ce que l’on croit propre à l’ado : l’instabilité, la timidité, la gaucherie, la rébellion, la violence... Mais ce qui est typiquement propre à l’adolescence c’est plutôt le dynamisme, la créativité, l’intelligence, à un âge où l’on dispose des formes d’intelligence les plus variées.
Nous devrions, en tant que parents, être prêts à découvrir cet être nouveau, avec des grands yeux ouverts et à s’étonner.
Paméla AFONSO