par Paquita de www.femmexpat.com
Cet article s’adressent a ceux qui voyagent, pas seulement aux expats !
Qui n’a pas senti le sol se dérober sous ses pieds, une confusion extrême, des auréoles qui vont des aisselles aux chevilles quand dans un contexte particulier on a la conscience aigüe que l’on va dans le mur mais pas la science nécessaire pour l’éviter. On est en plein scénario crash test : horreur et confusion. Plus on essaye de limiter les dégâts, pire est la solution. On se rêve alors ectoplasme pour se cacher sous le tapis.
On ne va pas vous faire ici un cours de savoir-vivre, nous n’avons pas vocation à concurrencer notre copine la baronne Nadine (de Rotchild pour les non intimes) mais tout juste vous donner quelques tips de ce qui se fait absolument et de ce qui ne se fait pas du tout, mais alors du tout, du tout sinon vous êtes mortes... au moins... de honte.
AUX USA
Je fais
_ J’arrive à l’heure pour mon invitation et j’oublie le quart d’heure de politesse français (vite transformé en une heure pour les parisiens !)
Je repars vers 22 heures après m’être sustentée.
Je viens chez mes hôtes avec un petit cadeau, si possible au bon goût français, qui peut aller de la bouteille de vin de table à la bible enluminée d’Anne de Bretagne si jamais G.W Bush avait l’idée saugrenue de m’inviter dans sa white house.
Je ne parle que de sujets politiquement corrects, donc j’élimine en vrac l’Irak, la politique, la religion, et tous les sujets sensibles donc je me trépane le cortex avec ma lime à ongle avant d’arriver chez eux.
Où que j’aille je me balade avec mon agenda/palm pour qu’ils soient bien conscients que je maîtrise ma vie et que j’ai atomisé toutes traces de fantaisie.
Je passe à la vitesse hyper sonique du Monsieur au prénom, sinon il croit que je suis une mijaurée, quelle horreur !
Je ne fais pas
_ Sortir mon paquet de clopes nulle part, mais alors pas du tout, du tout. C’est pire que l’arme nucléaire par les temps qui courent.
Je ne demande pas un verre pour boire ma bière, je la bois au goulot comme si on avait tous été dans une autre vie cow- boys et cow-girls ensemble.
Je ne monte pas sur la table pour défendre mordicus mon point de vue, je ne hausse pas non plus la voix. Je garde mon calme envers et contre tout : je suis une Barbie girl, Je développe mes arguments plus au niveau pectoral que mental !
EN AMÉRIQUE LATINE
Les comportements de nos amis sud américains sont assez proches de nos critères européens. Néanmoins il y a deux points sur lesquels nos amies sont un peu contrariées.
Je fais
Tout pareil que dans un pays d’Europe du Sud, des bisous, des accolades, je ne modère pas mon enthousiasme, j’aime dans l’ordre mon Dieu, mon mari, mes enfants et le reste du monde, enfin presque.
Je ne fais pas
Je ne passe ni ne téléphone à l’heure de la sieste parce que ça les énerve bicou, bicou !!!!!!!
J’oublie le fameux quart d’heure de politesse français pour le transformer en trois quarts d’heure sud-américain, c’est la faute aux fuseaux horaires qui rendent le temps élastique.
EN ASIE
Comprenez le Grand Asie avec des subtilités particulières pour chacun des pays.
Confucius et ses descendants sont rien moins que compliqués. Pour faire simple on va dire que tous ceux qui sont « couleur d’or » (le politiquement correct a frappé) reste un grand sujet de confusion pour les visages pâles que nous sommes !
Je fais
je fais des menus présents en toutes occasions en respectant la hiérarchie dans la valeur du cadeau.
Je salue d’un signe de tête sans jamais faire un shake-hand à lui démonter les trapèzes
Quand ils rient je rie même si je ne pige que couic au propos.
Je reste tout en retenue sur les sujets personnels les concernant. Ils deviendraient sinon rouges de confusion, ce qui avec leur carnation serait audacieux. En revanche je m’enquiers de leur famille.
Je raccompagne mon hôte en faisant quelques pas avec lui pour montrer à la face du monde combien je suis honorée d’être en sa compagnie.
Je respecte et vénère leurs « « anciens » mais je ne pousse pas le vice jusqu’à mettre la photo de Jeanne Calment avec une bougie dans mon salon pour faire racco
rd au décor.
Je parle de la météo, des différences géographiques, du niveau de vie, de la calligraphie rien que du lourd !
Je me situe entre mondanité, business et philanthropie, c’est un triptyque qui rapporte.
Je ne fais pas
Importantissisme : je ne fais jamais perdre la face à mon interlocuteur c’est la règle d’or !!!!
La bise au premier mandarin qui passe ni à personne d’autre. Ils sont plus que réticents à l’art du frotté de museaux.
Je ne dis jamais un « non » catégorique, ce qui en langage confucéen revient à dire un gros mot. Pas facile, on vous l’accorde mais primordial pour ne pas dévisser.
Je ne montre jamais ni irritation ni colère, ni rien d’ailleurs. Je me muscle le plexus pour avoir une parfaite maîtrise de mon moi profond en toutes circonstances.
Je ne pousse pas des cris d’ingénue quand un gros crachat vient atterrir sur mes Manolo Blanhik.
Je n’ouvre jamais les cadeaux qu’on me dépose délicatement, ça tombe bien parce
qu’au 20° nécessaire à calligraphie j’ai un peu du mal à contrôler mon excitation.
Je ne plante jamais mes baguettes dans le riz, ça porte malheur et des malheurs ils en ont déjà eu leur lot, pas la peine d’en rajouter.
Je ne touche jamais la tête d’un enfant, pourquoi on en sait rien ?!?!
Et bien sûr on ne parle JAMAIS de politique ! Thienan Men c’est rien que du vitriol dans leur mémoire.
SPECIAL INDE !
Quand on a compris la règle du Jutha Hay on a tout compris, encore qu’il est présomptueux de dire qu’on comprend quelque chose à cette culture séculaire. En gros c’est la règle du pur et de l’impur. Même si à nos yeux de béotiens cela paraît paradoxal, la propreté est un des rites fondateurs de l’hindouisme.
Je fais
Je reste à une distance respectueuse de mon vis-à-vis et je joins les mains pour le saluer, si vraiment je rencontre le nec plus ultra des brahmanes, la fine fleur de l’aristocratie indienne, je m’agenouille pour lui effleurer les pieds.
Je n’oublie jamais mon statut d’impur.
Je me couvre les épaules et les jambes mais je peux garder mon nombril à l’air.
Je tends seulement ma main droite pour donner un objet, de l’argent.....et bien sûr pour manger.
Je me déchausse quand j’arrive dans un temple, voir je me couvre la tête. De même dans une maison particulière.
Je ne fais pas
Je ne touche pas les gens avant d’y avoir été invité
Je ne porte jamais un objet à ma bouche (stylo, bouteille, doigt) sinon tout ce que je touche après devient impur.
EN AFRIQUE
Grande terre de superstitions s’il en est mais si vous n’avez pas envie de vous faire marabouter, lisez attentivement ce qui suit.
Je fais
Saluer toujours et tout le temps.
Pratiquer la palabre, c’est le sport de cette région du monde, une marque de déférence même.
S’enquérir de la famille. Demander des nouvelles, se réjouir des bonnes, s’affliger des mauvaises et vu le nombre de membres qui la composent compter deux bonnes heures.
Afficher une déférence sans faille aux anciens, ils sont le lien entre les esprits et vous, c’est comme une assurance-vie.
Donner une pièce aux nécessiteux, et Dieu sait s’ils sont nombreux, la charité est un des préceptes de l’islam. Je traine donc derrière moi un semi-remorque de la Banque Africaine.
Manger avec la main droite et uniquement celle-ci, la gauche c’est le summum de l’impureté !
Je ne fais pas
Entrer avec mes chaussures dans la maison.
Marcher sur la natte où va être disposé le repas. C’est vrai quoi nous non plus on ne marche pas sur la table.
Ne pas marchander ce qui revient à dire qu’on n’a guère d’estime pour, à la fois, le produit proposé et les qualités de négociateur de notre interlocuteur.
Passer au dessus de quelqu’un d’allongé, le mauvais œil alors vous foudroierait instantanément.
Poser son sac par terre, pour les mêmes raisons que celles citées ci-dessus, en même temps ça ne nous viendrait pas trop à l’idée.
Acheter des produits comme l’ail, le sel, le poivre, du charbon de bois après le couché du soleil. Mauvais œil si tu nous regardes... !
.......La liste n’est pas exhaustive.....
EN EUROPE
En Allemagne, où le civisme est une politesse nationale, on donne du « herr doctor » à tout va. On est docktor non seulement sciences mais en arts, en philo, en tout. En revanche on ne dit pas « Mein Herr ».Pas plus que de se congratuler avec force effusions et bisous mouillés. On a bien vu la tête de Frau Angela quand Nicolas la serrait tout contre son cœur de latin lover. En Italie on ne porte pas de vêtements couleur mauve c’est LA faute de goût suprême.
Chez nos amis de la Perfide Albion, on ne se gausse pas de la royauté même si pourtant ils nous donnent plein de raisons de le faire (non mais, les chapeaux de Lilibeth et Camilla sont quand même des sujets inépuisables de franche rigolade !), les anglais perdent alors autant leur flegme que leur sens de l’humour.
En Europe du Nord, la ponctualité horaire et financière sont des valeurs avec lesquelles on ne rigole pas. Chez les Ibères tout en démonstrations et congratulations affectives, il est de bon ton de se montrer en société (restau, bar à tapas....) pour signifier que leur amitié nous est précieuse. Don Quijotte, le panache ! Ce qui ne veut pas dire pour autant que nous partageons une intimité collé- serré.
La liste n’est bien sûr pas exhaustive et si, dans votre pays vous avez noté des
attitudes, des comportements bien particuliers à respecter, faites-le nous savoir, nous les rajouterons.
Nous , français ne voulons pas passer pour une nation de phacochères